Loading...
AlvarezL'Argentin

L’Argentin Pity Alvarez, rockstar et meurtrier

L’Argentin Pity Alvarez, rockstar et meurtrier

Quatre coups de feu résonnent en pleine nuit, un homme s’effondre. Un règlement de comptes comme un autre à Villa Lugano, quartier populaire du sud de Buenos Aires. Mais le fait divers se retrouve dès le lendemain en ouverture des journaux argentins : le tireur est Pity Alvarez, un des chanteurs de rock les plus célèbres du pays.

Après 24 heures de cavale, le musicien s’est rendu à la police vendredi au petit jour. Arrivé dans la voiture de son avocat, il est attendu par une nuée de photographes et de cameramen. Gros bonnet de laine, blouson bariolé, lunettes fantaisie : c’est aux médias qu’il donne la primeur de sa version des faits, avant de se confier à la police ou à la justice. «Oui j’ai tiré. C’était lui ou moi. N’importe quel animal aurait agi de la même façon. ça se passe comme ça dans le quartier.» On ignore encore le différend qui l’opposait à Cristian Diaz, 36 ans. «Pendant la discussion, il s’est senti en danger et a tiré», a expliqué l’avocat, en hasardant : «Il a pris de la drogue pendant vingt-cinq ou trente ans et l’abstinence doit être très problématique.»

Pity Alvarez a connu la célébrité dans les années 90 comme chanteur et compositeur des «Viejas Locas» («les vieilles folles»), un groupe émule des Rolling Stones, avant de former Intoxicados. Ses déboires avec les armes à feu ne sont pas récents. En 2010 il blessait son manager d’un tir à la jambe. Plus tard il menacera de son revolver la mère d’une chasseuse d’autographes trop insistante.

Le monde du rock argentin est habitué à ces personnages extrêmes. Ses idoles sont mortes (jeunes en général) de toutes les façons possibles : suicide, overdose, roulette russe, VIH, AVC… Quant aux Callejeros («garçons des rues»), ils ont cumulé les épisodes dramatiques. En décembre 2004, leur concert dans une discothèque de Buenos Aires tourne à la tragédie quand les faux plafonds s’embrasent sous l’effet d’un pétard : 194 morts, brûlés vifs ou asphyxiés. Quelques années plus tard le batteur du groupe assassine sa femme après une dispute, en incendiant ses vêtements. Il purge actuellement une peine de 18 ans de prison.


François-Xavier Gomez

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *