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Parcoursup: d’excellents bacheliers attendent toujours une place en prépa

Parcoursup: d’excellents bacheliers attendent toujours une place en prépa

Habituellement, les classes préparatoires sont déjà formées et les élèves s’apprêtent à partir en vacances l’esprit léger. Cette année, Parcoursup laisse les étudiants, mais aussi les établissements dans l’incertitude.

Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, on sait que 89 000 bacheliers sont encore en attente d’une place mi-juillet. Rien de catastrophique en soit. D’ailleurs, les chiffres étaient équivalents l’an dernier. Mais la différence est qu’en 2017, avec APB, les classes préparatoires avaient déjà leur liste d’élèves bouclées et terminaient les derniers préparatifs avant de fermer leurs portes pour l’été. Cette année avec le nouveau système, Parcoursup, qui remplace APB, des problèmes d’organisation et de communication entre les étudiants et les prépas se posent.

Et paradoxalement, des étudiants se retrouvent sans affectation et des prépas sans élèves. Avec ce nouveau système, comment savoir si un étudiant qui a coché «oui mais» sera là en septembre? À qui communiquer les date de rentrée et les listes de livres à lire? Comment trouver son logement quand on ne sait pas où on ira l’année prochaine? Tant de questions qui plongent les écoles, mais aussi les bacheliers dans l’incertitude. Au point que certaines classes préparatoires avaient imaginé décaler la rentrée de 15 jours , une éventualité démentie depuis par la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal sur Europe 1.

» Tous les résultats du bac académie par académie

«Il n’y a aucune corrélation entre ce que l’on nous avait dit et les résultats»

Joséphine, 18 ans, est au lycée Sainte Geneviève d’Asnières, et cette année elle a eu son bac mention très bien. À la rentrée, la lycéenne avait envisagé d’intégrer une classe prépa économique. Après avoir parcouru tous les salons et fait les portes ouvertes des écoles, la jeune fille s’était intéressée de plus près à la prépa du lycée Sainte-Croix de Neuilly. L‘établissement lui avait assuré, vu ses bulletins, qu’elle n’aurait aucune difficulté à intégrer leur lycée. Ses professeurs aussi étaient optimistes. La jeune fille avait reçu un avis très favorable pour n’importe quelle filière sélective. Le jour des résultats de la première phase de Parcoursup, la mère et la jeune fille étaient donc très sereines. «Je vais faire des courses, je reviens», lance t-elle détendue à sa fille.

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« Ils n’ont pas voulu de moi alors je ne veux pas d’eux »Joséphine, lycéenne recalée en prépa.

Seulement à son retour, Josephine n’a eu aucune prépa. Elle a été refusée quasiment à tous ses vœux sauf une prépa où elle était en attente avec plus de 3 000 personnes devant elle. Joséphine, déçue, n’a pas cherché à comprendre, et n’a pas souhaité que sa mère insiste auprès des établissements. «Ils n’ont pas voulu de moi alors je ne veux pas d’eux», a t-elle lancé, bravache. La jeune fille a alors décidé de postuler à l’université d’Assas et a été retenue parmi les 40 meilleurs dossiers pour passer l’oral. «Cela prouve qu’elle avait largement le niveau pour intégrer une prépa», s’agace sa mère, qui poursuit: «Il n’y a aucune corrélation entre ce que l’on nous avait dit et les résultats» ajoute-t-elle.

«Autant de sacrifices pour finir à l’université»

Quand on vient du lycée Louis-le-Grand, on peut penser que toutes les portes sont ouvertes pour les études supérieures. Et pourtant. Celine, une des élèves du lycée, qui vient d’avoir son bac mention bien n’a eu aucune prépa. Incroyable quand on sait que pendant ces trois dernières années, elle avait 14 de moyenne.

« Céline n’est pas la seule (…) »Le père de Céline, une lycéenne de Louis Le Grand.

La jeune fille qui faisait partie des bons élèves du lycée, s’est vue proposer l’université Sorbonne Paris I et Diderot en économie et gestion. Ses professeurs et son directeur, ses parents et elle aussi, sont dans l’incompréhension. D’après son père et les dires de la jeune fille, «Céline n’est pas la seule, 60 élèves sont dans le même cas dans son lycée». Anéantie, Céline a finalement choisi de valider son inscription à l’université de la Sorbonne. Tous les espoirs de Céline sont tombés à l’eau avec ces refus. La jeune fille, championne de France de taekwondo, avait été sélectionnée pour les championnats du monde mais avait refusé pour se consacrer à ses études. Aujourd’hui elle regrette «d’avoir fait autant de sacrifices pour finir à l’université».

On ne peut pas encore juger Parcoursup avant la rentrée

Pour Laurent Champaney, président de la Commission Amont de la Conférence des grandes écoles, «il ne faut pas faire de distinction entre les prépas et les écoles. Il est évident que le nombre d’étudiants ayant confirmé leurs inscriptions est nettement plus bas cette année mais avec la suppression de la hiérarchisation des vœux, c’est normal».

«Les établissements(…) font face à 47% de oui définitif à cette date contrairement aux 90-95% habituels»Laurent Champaney, président de la comission en Amont de la Conférence des grandes écoles.

Les établissements, prépas et universités confondus, font face à 47% de oui définitif à cette date, contrairement aux 90-95 % habituels des années précédentes. La focalisation des étudiants et des parents sur les prépas est due, d’après le directeur, aux impératifs des lycées qui ont des dates de fermeture et de rentrée fixe. La communication et l’organisation semblent plus compliquées alors cette année. Le corps enseignant de chaque établissement a donc décidé de communiquer avec les familles et les futurs élèves qui ont coché «oui» et «oui mais» sur Parcoursup. «Le risque cependant, c’est que les élèves changent d’établissement» confie le président de la comission. Les réponses définitives et l’arrivée des étudiants se fera peut-être au «compte-gouttes». Ce processus reste nouveau, ce qui n’a pas permis aux établissements d’anticiper une nouvelle organisation. «Cependant ce n’est qu’une question de temps et on ne peut pas encore juger Parcoursup avant la rentrée 2018» rassure Laurent Champaney.

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